15–21.6.1913 Quelques arguments en faveur du droit du suffrage des femmes

15–21.6.1913 Quelques arguments en faveur du droit du suffrage des femmes

Svensk text

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Quelques arguments en faveur du droit du suffrage des femmes.

Je crois que l'argumentation en faveur de l'extension du droit de suffrage aux femmes devient plus efficae, si elle est combinée avec une critique des arguments essentiels dont se servent les aversaires de cette réforme pour la combattre, C'est d’après cette idée que je veux relever quelques côtés de la grande question qui remplit le programme de ce meeting.

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Ceux qui ne veulent pas accorder aux femmes le suffrage politique n’admettent pas que l’exclusion des femmes de ce droit soit une injustice. L'exercice du pouvoir de l’Etat, disent-ils, a été, de tout temps, entre les mains des hommes. Ce sont eux qui ont rempli les différentes fonctions desquelles dépendent l’ordre public et la sécurité de l’Etat. Les hommes ont porte, ainsi, une lourde responsabilité qui n'a pas peri sur les femmes. Lorsqu’après la grande révolution française de 1789 la représentation nationale de le France fut basée sur la principe du suffrage universel, ce n’était que les citoyens qui devenaient éléctuers, on ne pensa pas du tout à donner ce même droit au citoyennes. Elle furent exclues, malgré la proclamation solennelle des principes de la liberté, d'égalité et de fraternité. Et dans tous les pays qui pendant le dix-neuvième siècle ont introduit chez eux le régime constitutionnel, s'appuyant sur la représentation du peuple, le droit d’élire cette représentation a été réservé aux homme seuls. Il y a, en ceci, une|3| division du travail entre les hommes et les femmes, celles-ci ne devant pas être détournées des devoirs si importante qu'elles ont à remplir en qualité d’épouse et de mère. Mettre fin à cette division si naturelle de fonctions et de travail, serait d’autant moins motivé, que pareille réorganisation ne pourrait guèrre apporter aux parlements une augmentation remarquable de compétence, de capacité et de sagesse. Or, prenant à considération que tout projet qui regarde l’organisation de l’Etat doit être examiné au point de vue de l’utilité publique plustôt qu’au point de vue d’une théorie abstraite sur d’égalité des droits, – on arrive logiquement à la conclusion que le projet de faire participer les femmes aux éléctions et à la vie parlementaire ne doit pas être approuvé.

Ces arguments, je vais les réfuter maintenent, si brièvement que possible.

Le principe de la division du travail, d’après les aptitude différentes et d’après la nature si variée des travaux à exécutér, est certainement un principe qui s’est fait valoir de tout temps, avec la force d’une loi naturelle. Mais l’application de ce principe s’est modifiée successivement, en fur et à mesure que les méthodes du travail ont changé ou que de nouvelles tâches se sont imposé à l’activité humaine. C’est le 19e siècle qui, plus qu’aucune période antérieure, a introduit des nouvelles méthodes dans le travail industriel et ouvert de|4| nouveaux champs d'activité aux femmes comme aux hommes. Grâce aux machines de tout genre et aux autres inventions téchniques, le travail industriel est tout autrement spécialisé, dévisé et organisé que jadis. Qui pourrait dire de nos jours, que l'ouvrière doit s’en tenir à la main d’œvre, sous la surveillance du patron et que sa place n’est pas dans la fabrique?

Les femmes sont recherchées aussi dans les maisons de commerce et dans les milliers de bureaux où s’accomplit l'activité de la passé, du télégraphe, du tétéphone, et même dans les chancelleries officelles.

Et encore: l’enseignement de la jeunesse n’aurait pas fait les progrès qui honorent notre époque, si l’on n’avait pas pu confier aux femmes une partie notable de cette tâche importante.

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Le nombre des femmes qui fréquentent les universités s'accroit constamment. Elles y font les mêmes études que les hommes. Elles exercent comme les hommes les professions libérales.

La division du travail n’a donc plus de nos jours le carètère exclusif qu’elle avait dans les temps passés. Il y a certes, encore, et il y aura probablement toujours des métiers et des occupation qui ne conviennent qu'aux hommes et d’autres qui seront réservées aux femmes. Mais bien nombreuses sont déjà les branches d’activité de tout genre, où les femmes travaillent concuremment avec les hommes.

C’est ce qu’il faut prendre en considération quand il s'agit de répondre à la question: l'exclusion des femmes du droit de suffrage est-elle injuste ou non?

Le réponse peut se faire par quelques exemples concrets, en forme intérrogative.

Est-il juste que la dame instruite qui dirige un bureau de poste n’a pas le droit de prendre part aux élections, tandis que l'homme sans culture intellectuelle qui sert comme facteur sous ses ordres exerce ce droit politique?

Il y a dans une grande école de filles une directrice et plusieurs professeurs de sexe féminin. Il y a aussi quelques hommes, maitres de langues. Ceux-ci possèdent le droit de suffrage, celles-là non. Est ce juste?

Le portice d’un hopital pour enfants est électeur. Son chef, la femme docteur un médecin qui dirige l’hôpital est exclue du droit de voter. N’est-ce pas injuste?

Le baron A., ancien officier, s'intéresse à la chasse et aux courses, et fréquente ses voisins pour jouer aux cartes. La baronne A., son épouse, administre leur terre, suveille l'éducation de leurs enfants et dirige des oeuvres de bienfaisance. Est-il conforme à la justice que c'est lui mais pas elle qui peut prendre part aux élections politiques?

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Des pareils car, dans lesquels l’injustice saute aux yeux, sont, de nos jours, innombrables.

Mais nos adversaires en jugent autrement. Tant en admettant qu'il y a bien des situations où une femme serait plus digne, que tel ou tel homme de son entourage ou de son service, de se présenter aux urnes, ils diront que c’est seulement au point de vue des seutiments personnels que ces petites anomalies paraissent comme une injustice. En se plaiyant à un point vue plus élevé, celui des intérêts de l’Etat et de l’utilité publique, on ne peut y voir que des cas un peu bizarres, mais n’ayant aucune importance réelle.

”Les intérêts de l’Etat” – voilà terme qui, rivalisent avec un autre tout aussi vogue ”la raison d’Etat”, est mis en avant, souvent, par les conservateurs, en défaut de vrais arguments ou bien quand on ne veut pas se donner le peine d’éxaminer au fond si une réforme demandée serait utile et comment elle devrait être réalisée.

Vis-à-vis de ces objections imprécises, je me permettrai de dire mon opinion en quelques thèses:

Il est dans l’intérêt de l'Etat:

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que l'activité législative soit en harmonie avec les idées qui mûrissent ou sein du peuple dans le courant de la vie sociale, à laquelle les femmes prennent part de même que les hommes;

que l’expérience spéciale des femmes en des matières qu'elle connaît même que l’homme, soit utilisée dans les travaux parlementaire, dont le programme s’étend de plus en plus sur le terrain des questions sociales; et

que les députés jouissents d’une confience si générale que possible dans les contrées où ils ont été élus; ce qui exige que la moitié feminine de la population ne soit pas exclue des listes éléctoreles.

Il est aussi dans l’intérêt de l'Etat, surtout pendent ses périodes grosses de danger, que tous les membres de la nation, les femmes aussi bien que les hommes, soient pénétrés du sentiment de solidarité politique, qui est le nerf du patriotisme.

Et le pouvoir législatif n'a pas le droit de rester indifférent quand des inéquités incontestables exigent qu'une loi soit réformé suivant le principe de justice.

J'espère, Mesdames et Messieurs, que ces thèses générales expriment des vérités dignes d’être prises en considération par les homme d’Etat qui se trouveront en présence de la tâche de réaliser, par leur initiative officielle, les voeux légitimes des femmes quant à l’acquisition du droit de suffrage.

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Un évènement récent, cependant, à éveillé des appéhensions concernant la possibilité d'une prochaine victoire de la cause dont il s’agit. Cet évènement c’est la résolution du parlement britannique par laquelle le bill, que devait attribuer aux femmes le droit de suffrage, a été rejeté.

L’échec de ce bill serait-il dû à le manière excentrique et parfois criminelle dont les suffragettes ont voulu imposer leur volonte aux membres du parlement? – On faut-il croire que le vote de la majorité du "House of Commons" représente une opinion qui s’opposera longtemps encore à la réforme désirée?

Je pose ces questions sans essayer d'y répondre. Il est évident, en tout cas, que le travail loyal et sérieux pour le grand but sera continué avec persévérance et non seulement par les femmes, mais aussi par tous les hommes qui ont la conviction, qu’il est juste et utile de faire participer les femmes à la formation de la représentation nationale dans tous les pays où la civilisation moderne a ouvert aux femmes, dans la vie sociale, des champs d’activité réservés jadis aux hommes seuls.

L’objection, que les femmes n’apporteront pas aux parlements une augmentation remarquable de capacité et de sagesse, est un argument superficiel. Il est certainement dans la nature des choses, que les femmes pas plus que les hommes ne peuvent acquérir du jour au lendemain ni le fond d’indépendance et de prévoyance dont tout électeur aurait besoin, ni en outre|9| les qualités assez rares qui placent le député à la hauteur de la tâche. Il y a une règle applicable aux sexe masculin aussi bien qu’au sexe féminin, c’est que l’exercice même des droits politiques est le seul moyen d’apprendre commet ces droits doivent être exercées. Cette éducation pratique ne cesse jamais de fonctionnér. À chaque nouvelle élection il y a des néophytes tâtonnents. Et bien rares sont ceux, parmi les députés nouveaux-élus, qui font preuve, tout de suite, d’une compétence incontestable.

Le cadre restreint de mon discours ne me permet pas de vous exposer comment cette réforme électorale a été préparée et réalisée en Finlande et quels en ont été les résultats. Je vous dirai seulement que nous sommes contents d’avoir accompli ce progrès, car il est évidemment utile au pays que les femmes sont devenu citoyennes actives, s'intéressant de plus en plus aux questions d'importance générale et comprenant aussi bien que les homme, que l’avenir de la patrie dépend en premier lieu de le fidélité inébranlable envers notre constitution.

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